15 janvier 2010

La toile dans la photo, docteur Couedor mister Landry

A l'occasion d'une exposition produite par Bothsides Agency entre le 26 novembre et le 13 décembre 2009, nous avons pu mettre un pied dans l'univers musical et urbain de deux artistes très en vue en ce moment : le peintre Yann Couedor qui présentait les toiles de la série "Cut Collection" et Guillaume Landry, un des deux photographes qui les mettaient en scène (avec Sheitan-M) à la Galerie Absoluty dans le 10ème à Paris.
Une fois sortie de l'exposition, impressionnés par des toiles gargantuesques et des photos détonantes, nous avons voulu savoir comment ils travaillaient. On a donc pris rendez-vous avec eux. (Oui, il faut quand même dire que notre curiosité n'a pas été difficile à assouvir car Guillaume est un vieil ami : il a juste suffi d'un coup de fil).
Rendez-vous pris, nous voilà un soir de janvier 2010, à Belleville, chez Yann qui nous accueille avec sa femme Karine, sa fille Tamika et Guillaume. On est dans le salon, autour d'une table basse : apéritifs de rigueur. En fond sonore, DJ Rodgers Junior.

Références
YC
Je suis fan d'Andy Warhol mais je ne fais pas de pop art en soi. En général, je peins des gens que je kiffe et souvent ce sont des représentants de la culture afro-américaine. Mon développement se fait surtout autour de la musique, mes références sont musicales : mon taf c'est peindre des artistes qui me font kiffer. Je bosse pour la musique pas pour la peinture. (pause chips).
Je recherche aussi une résonance cinématographique. Pour son festival Art et Banlieue
(mai-juin 2008), Luc Besson m'a demandé mes toiles de Nelson Mandela et de Spike Lee.
GL
La Chapelle, Bourdin, Cartier-Bresson, Spikee Lee, Michael Mann, Scorsese. J'aime les films et les images où l'on a l'impression d'être proche des personnages.

La rencontre
YC
Ca s'est fait naturellement comme souvent dans les rencontres où le seul intérêt c'est l'humain. Ah et aussi, on aime la musique et la vodka ! (rires).
GL
C'est à la fois le destin et le hasard. J'ai d'abord rencontré les toiles de Yann, c'était en 2007 via myspace (www.myspace.com/lissentomyart). Lui, je l'ai rencontré bien après en 2008, je passais au Journal Cream et il était là. Je lui ai parlé de ses toiles, il m'a demandé ce que je faisais et puis une heure est passée. Cool.

Karine, Guillaume Landry, Yann Couedor

Le style de chacun
YC
Je suis pour le "pop" au sens littéral. Je veux offrir ce que je fais à la masse, d'où la nécessité pour moi de travailler le parcours des gens populaires.
GL
J'essaie de ne pas m'enfermer dans un style même si je suis souvent dans la veine urbaine et street. Mais bon, le problème en France, c'est que quand tu fais un type de presse, t'es étiqueté. Moi j'essaie d'aller à l'ouverture.

Le travail de l'autre
YC
Guillaume, son truc, c'est la lumière, il réfléchit tout si vous voyez ce que je veux dire.
GL
Ce que j'aime chez Yann... Sa musicalité. Si tant est que ce soit possible, mes photos je veux qu'elle sonne comme une image d'un clip Hip-Hop. J'ai cette impression quand je regarde une toile de Yann. C'est ça que j'apprécie.

L'inspiration
YC
Ce que j'aime, c'est la compo. Les personnages sont le prétexte pour composer. Aujourd'hui, je ne me vois pas faire de l'abstrait. Mais même si les personnages ne sont que des excuses, j'ai besoin d'un visage humain. D'ailleurs, je m'appuie souvent sur une photo, c'est plus simple pour voir toutes les nuances d'un visage et aussi parce que mes cadres c'est du 2m20X2m20. Il y a donc une photo en amont mais aussi en aval, celle de la toile une fois la peinture achevée. Ca suppose une mise en situation de l'œuvre, et pour moi c'est constitutif de mon travail.
GL
D'abord les BD, la lecture, le ciné et les gens autour de moi. Ensuite, j'ai aussi des commandes et là c'est différent : je m'efforce de rester sur les envies de mes prestataires. Ça fait deux manières bien opposées d'utiliser l'inspiration et j'aime bien osciller de l'une à l'autre. Soit j'écoute ma sensibilité ou soit je colle à celle d'une personne qui m'est étrangère.

Les critiques
YC
On me dit souvent que ce que je fais n'est pas assez personnel. C'est parce que je peins des gens connus. Je comprends, mais en même temps y'a des proches qui savent que ma musique m'habite depuis tout petit. On me dit aussi souvent que je ne peins que des Noirs, mais non. Je peins de la musique que j'aime et il s'avère qu'elle est chantée par des Noirs.
GL
Les reproches ? C'est des techniciens qui viennent me donner leur avis théorique. Pourquoi pas. Mais moi je suis entré dans la photo par la sensibilité et c'est cette subjectivité que je veux rendre.

Financièrement parlant
YC
Ce que je fais, c'est des pièces uniques et c'est un moment de ma vie. Ça a un coût. Mais pour moi la reconnaissance maximale, c'est de rencontrer les artistes que j'ai peints et les voir kiffer. C'est un aboutissement, c'est ça qui me pousse.
GL
Tu peux reproduire l'image d'une photo mais pas l'instant. La valeur d'un cliché vient de là. Ce que je facture, c'est la captation de l'instant.

Projets
YC
Je vais refaire une expo à l'Olympia comme en juillet 2009 et sinon, j'aimerais faire des panneaux pour des artistes sur scène.
GL
Je vais bosser avec Sir Samuel, Milk Coffee & Sugar et d'autres dont je ne peux pas légalement parler. (rires).

Ce que vous vous souhaitez l'un à l'autre pour 2010
YC à GL
Que ça continue !
GL à YC
Encore plus de basket Jordan ! (rires).

Mot de la fin
YC
"Talent ou pas talent, ce qui prime c'est la surcharge de travail !"
GL
"Si je devais tirer quelque chose de cette interview, ce serait des photos, mais j'ai oublié mon appareil !"

Yann Couedor (www.yanncouedor.com, www.myspace.com/lissentomyart) et Guillaume Landry (www.guillaumelandry.com, www.myspace.com/guemtz) travaillent actuellement sur la pochette de notre album.

Nous les remercions de s'être prêtés au jeu de l'interview.

13 janvier 2010

Gaël Faye featuring KARLOS ROTSEN sur l'album de jazz créole BON-AIR disponible à la vente



Le pianiste de jazz Karlos Rotsen est un vieil ami de notre collectif de slam CHANT D'ENCRE. A l'époque il nous accompagnait régulièrement sur des scènes avec le groupe Soulhealing.

Depuis, il a monté son propre groupe, le Karlos Rotsen Quartet, avec Irving Acao (Saxo ténor), Kevin Revyrand (Contrebasse) et Cedric Cléry (Batterie) et il vient de sortir son 1ère album BON-AIR. Il définit sa musique comme étant du jazz créole qui puisent ses racines en Afrique Noire et sur le continent américain. www.myspace.com/karlosrotsenquartet

Au mois de septembre dernier, je reçois un coup de fil de Karlos qui souhaite m'inviter sur son album. Le délai est très serré car il me laisse moins d'une semaine pour écrire un morceau et la prise studio se fera en une fois dans les conditions du live au studio de la Seine à Paris.
J'essaye de définir un thème d'écriture avec lui en faisant un pot-pourri des sujets que l'on abordera lors de notre discussion. On se sent des points communs sur l'idée de marronnage comme philosophie de vie. Celle de fuir les perspectives d'un monde balisé, d'être un maximum "libre", c'est à dire choisir ses propres contraintes... La discussion a ensuite dérivée vers Césaire dont son album se veut un hommage. Et nous avons fini par aborder les émeutes qui ont secouées l'île de la Martinique en 2009.

Finalement mon texte prendra ma propre vie en fil conducteur. Celle d'un enfant qui naît dans un monde où la contemplation était l'unique but de son existence. Mais les évènements qui marque l'Histoire de cette région des Grands Lacs en Afrique (génocide, guerres, déracinement, racisme...) m'oblige à investir le monde en agissant à mon petit niveau à travers l'écriture et la musique. Cette décision est déclenchée à l'adolescence quand je découvre aux Editions Maspero la conclusion de "Peau Noire, Masques Blancs" où Frantz Fanon lance comme ultime prière: "O mon corps, fais de moi un homme qui toujours interroge!".

Frantz Fanon l'ancien élève de Césaire au Lycée Victor-Schoelcher. L'élève qui retint la leçon de l'engagement. Mais contrairement à son professeur il meurt dans l'indifférence, et ne connaîtra ni hommage nationale, ni déclaration présidentielle, ni unanimité consensuel... Il est et restera ce damné de la terre, psychiatre de l'administration française qui tel un Marron choisira le maquis du FLN à la violence du colon. Lui l'Homme fondamentalement universel, nait en Martinique, enterré en Algérie...

08 janvier 2010

Interview d'Elsa Delachair, romancière et éditrice

Au printemps 2010, nous aurons la chance de voir édité un de nos textes, Métis, et une de nos nouvelles Emiettée chez Inculte dans le cadre du premier numéro de la revue En attendant l'or, qui propose de découvrir de jeunes auteurs francophones.
Profitant de l'occasion pour satisfaire notre curiosité sur le monde du livre, nous avons demandé à Elsa de nous parler de son travail d'éditrice et de romancière.


L'écriture
E.D.
C'est né il y a quelques années maintenant, un été où j'ai travaillé en hôpital psychiatrique. On m'avait alors conseillé d'écrire un journal, pour y expurger le soir ce que j'y voyais le jour.
En un mois, j'ai appris autant qu'en un an. C'était l'été entre mon hypokhâgne et ma khâgne. Je nettoyais les toilettes, les patients, et leur faisais à manger. J'y ai appris l'humilité, le sens du travail, et j'ai su après pourquoi je faisais des études. Un mois au SMIC à nettoyer la misère du monde, humaine, sociale, sexuelle, et morale, même si j'éxècre cette notion.
Passer le balai versus "Le Bateau ivre" de Rimbaud.
Je l'ai tenu donc ce journal, et l'été suivant, j'ai remis ça. Le journal et la gériatrie cette fois. Je sortais de mes concours, j'avais lamentablement échoué Normale Sup, à Sciences Po. Alors, j'ai lavé les vieux, qui attendaient de mourir, dans les pièces aussi larges que ma chambre à l'internat. J'ai ensuite présenté les deux textes à des gens, qui m'ont encouragé à continuer.
C'est né de là.
Alors, évidemment, j'avais de petites nouvelles sans intérêt qui dormaient dans mes fichiers word. Et comme les gens célèbres le disent toujours plus tard, j'avais toujours rêvé d'être écrivain.
Mais tout ça n'est vrai et ne devient concret qu'à l'aune d'un certain nombre d'années, qui peuvent ensuite justifier d'une certaine expérience et donc ce genre de propos façon rêve de petite fille.
L'écriture, je la vois surtout comme un travail, un travail ingrat, un travail de chien, qui mature de longues années, pour parvenir - parfois - à quelques honnêtes lignes...

Références littéraires
E.D.
Elles sont si présentes qu'elles m'ont longtemps empêchées d'écrire plus de trois lignes.
Sur les frontons de mon Panthéon, il y aurait - en bataille - Nietzsche, Gary, Duras, Dostoïevski, Pérec, Genet, Beckett, et le Maître et Marguerite, de Boulgakov. J'en oublie, je préfère m'arrêter là, tant cette liste est artificielle...

L'édition
E.D.
Après un an à Montréal, où j'ai travaillé dans une maison de littérature, j'ai beaucoup appris sur l'écriture à force de lire et relire des textes - souvent mauvais, il faut bien l'avouer.
Lectrice est un métier difficile, j'ai passé les premiers mois à penser que j'allais rater un Marcel Proust... Lire huit heures par jour à un bureau fait rêver pas mal de gens. Moi j'ai trouvé ça exaltant au début, puis très frustrant, désolant, et ennuyeux. On n'y lit que la surface immergée de l'iceberg, ce que les lecteurs d'aujourd'hui ne liront jamais, c'est toute une histoire officieuse de la littérature contemporaine qui se joue dans l'intimité du lecteur et de son manuscrit.
J'ai ensuite perdu le goût de la lecture, j'ai passé deux ans sans lire un livre que j'avais moi-même choisi sur les rayonnages d'une librairie. Je m'y suis remise il y a un an, et depuis je savoure le simple fait de ne même pas savoir par où commencer tant la liste de ce que je voudrais lire avant de mourir est longue, bien plus longue - et bien plus intéressante d'ailleurs - que celle de mes références littéraires citées avant...


Roman paru
E.D.
Boris Vian et moi est sorti il y a presque deux ans. Il se porte bien je crois mais je le laisse vivre sa vie, j'y suis attachée comme à un joli souvenir de jeunesse mais pour moi, le roman est celui de demain, et celui d'après demain, celui que je vais écrire, celui que je suis en train d'écrire, celui qui viendra, celui qui ne viendra pas.


Roman à paraître
E.D.
Il me parle davantage, m'énerve, m'agace, mais existe, et c'est déjà ça.
Il ne parle pas vraiment de quelque chose encore mais j'ai les idées, les pistes, la structure - que j'aime énormément travailler.
Il avance, recule, se perd aussi parfois, mais j'ai quelque chose à me prouver avec lui. Il est éminemment plus ingrat que le premier, puisque le premier il y a eu, et que la naïveté, la spontanéité et une certaine forme d'innocence ont disparu à la parution.
J'écrirai le deuxième pour effacer le premier, le troisième pour effacer le deuxième etc. et comme ça jusqu'à la fin probablement, en imaginant que jamais je n'aurais atteint le niveau, mais qu'au moins j'aurais travaillé dans ce sens.

Revue
E.D.
Antoine Dole a créé la revue En attendant l'or il y a plusieurs années. Nous préparons un numéro, à paraître pour 2010 aux éditions Inculte.
L'idée est de réunir de jeunes auteurs, de tous bords, de tous genres, styles et pays. Nous avons une sélection d'une dizaine de textes, très variés. Nous avons retravaillé une partie des textes avec les auteurs, comme je lavais appris à Montréal. Resserrer, développer, incarner, tout un tas d'infinitifs, pour parvenir à une version à laquelle l'auteur ne peut parvenir seul. Par expérience, je sais qu'un auteur a besoin à un certain stade de son écriture d'un relai, d'un œil neuf pour l'aider à finir. Alors bien sûr, tout le monde ne travaille pas ainsi, mais je n'ai jamais envisagé le travail d'éditeur autrement. Un éditeur qui recevrait un manuscrit, le ferai corriger puis commercialiser, ce serait pour moi plus un imprimeur qu'autre chose.
La solitude inhérente au fait d'écrire a - je crois - parfois besoin d'être brisée par quelqu'un qui emmène l'auteur là où il ne peut aller seul. C'est un travail long et fastidieux, mais souvent les auteurs en sont ravis et reconnaissants.

MC'S
E. D.
Je connais Edgar par le biais de notre maison d'édition commune, où nos deux romans ont paru à quelques mois d'intervalle. J'avais beaucoup aimé son Coffee, et nous nous sommes rencontrés chez notre éditeur.
Il m'a ensuite présenté Gaël. Nous publions des textes de chacun d'eux dans notre revue.
En musique, c'est comme en littérature, je suis très "domaine public", j'écoute peu de musique actuelle et en littérature, je ne lis que des auteurs morts, certaine de leur qualité puisque la postérité et le posthume sont les meilleurs éditeurs : seuls les bons passent, les mauvais textent s'oublient...
Je suis sensible aux textes d'Edgar et Gaël, que je trouve écrits - j'insiste car c'est quelque chose que l'on voit peu - je crois - chez les rappeurs ou les slameurs...
Je trouve leurs textes justes, au couteau, et j'aime beaucoup la finesse du propos.
Ce que j'aime aussi c'est que tous les deux se ressemblent autant qu'ils sont différents.


Nous remercions Elsa Delachair de s'être prêtée au jeu de l'interview et nous lui souhaitons beaucoup de livres à éditer ainsi que l'écriture d'un deuxième roman pour "effacer le souvenir de jeunesse" de Boris Vian et moi.




28 décembre 2009

Quelques mises en avant du groupe!





EPK - MILK COFFEE & SUGAR



Vous vous demandez ce que c'est qu'un EPK? Nous aussi!

Voici la définition de Wikipedia:

Un Electronic Press Kit ou EPK est un kit de presse électronique, ou plus précisément numérique. Il est destiné à promouvoir une entreprise, un produit, un événement, et le plus souvent un artiste musicien.

Il se réduit parfois à un film court, envoyé sous la forme d'un CD ou via Internet aux médias, qui peuvent les utiliser pour en faire un reportage TV ou rédiger un article de presse, comme avec un simple communiqué.

Dans l'industrie musicale, les EPK contiennent en général des extraits de concerts, d'interviews ou des séquences montrant la préparation de l'album, et sont envoyés par les producteurs.

18 décembre 2009

MUCYO supporter de MILK COFFEE & SUGAR au RWANDA!



Voici mon meilleur pote MUCYO qui vit à Gisenyi au Rwanda et qui fait la pose avec le tee-shirt MILK COFFEE & SUGAR. Sur la 1ère photo il est avec Cecile Kayirebwa, l'une des plus grande chanteuse rwandaise et sur la deuxième photo il est en charmante compagnie avec toutes les Miss Rwanda!!

Si vous allez au Rwanda, n'hésitez pas à faire un tour chez Mucyo qui a le plus bel hôtel de la région et où nous irons certainement écrire notre second album car le café de tantine Odette y est succulent!!

HOTEL MALAHIDE PARADIS : B.P 535, Rubona, Gisenyi, Rwanda



La Mascote de MILK COFFEE & SUGAR ou bien NIDO TORA & SUKARI!

17 décembre 2009

Edgar Sekloka prépare son deuxième roman...



Cliquez sur ce lien pour voir des photos d'EDGAR SEKLOKA dans son univers:
http://rouflaquette.free.fr/Fabrique%20Edgar%20Sekloka/


Archives vidéo lors de la sortie du premier roman d'Edgar SEKLOKA:

07 décembre 2009

Concert à la Tribu






Vendredi 4 décembre 2009, 30 avenue louis bordes à Stains, près de la place Aimé Césaire, Sylvie et Olivier les gérants du restaurant la Tribu, nous reçoivent au milieu des photos et toiles d’Esiro www.blog;brigadeneurale.org/tag/esiro/ www.flickr.com/photos/lemecnormal/4074849291/ l’atmosphère est posée, il est 17h, nous faisons les balances à une heure du vernissage de l’exposition de l’artiste.



Nous répétons quelques chansons et constatons un petit problème d’enceinte avec des grésillements récurrents qui gâchent la qualité du son. Heureusement Olivier est là, il résout le problème en deux temps trois mouvements et nous montrent qu’en plus d’être un très bon gérant, il aurait pu être un très bon régisseur plateau !

L’ambiance est très conviviale, les visiteurs amateurs d’art profitent du travail d’Esiro tandis que nous jamons sur la petite scène de quatre tréteaux montée pour l’occasion.

Puis c’est le dîner, on se restaure parmi les clients ; cuisine française, la carte propose des menus entre 15 et 20 euros avec notamment les fameuses tartines croque-poilâne. Nous nous régalons à mesure que la salle se remplit.

21h, notre ami rappeur-compositeur, Sweet Dooms www.myspace.com/sweetdooms, assure la première partie avec 6 morceaux, dont la mélancolique chanson « Malade au mic ». Le public est conquis et, entre fondant au chocolat et crème brulée sertie de Nutella, nous arrivons au dessert Milk, Coffee & Sugar. Le show dure un peu plus d’une heure que nous concluons sur une scène ouverte, laissant la parole aux slammeurs présents, dont le très talentueux Luigi.

Nous remercions très chaleureusement Sylvie, Olivier et toute leur équipe pour leur gentillesse. Et surtout, nous vous conseillons de vous rendre à leur table où les mets ont le goût de leur générosité.

05 décembre 2009

Les ateliers "slam" avec MILK COFFEE & SUGAR!

INFORMATION!
Dans le cadre de la communication autour des ateliers slam animés par Edgar Sekloka et Gaël Faye cette saison, une page parlant de cette expérience existe sur le site de l’association Bibliothèque en Seine-Saint-Denis.
La page est ici :
http://www.bibliotheques93.fr/?page_id=2816


Crédit Photo: Maximilien Missud

29 novembre 2009

AFRICOLOR et Tumi & The Volume...



Si vous vivez à Paris ou sa région vous n'avez pas pu passer à côté de la magnifique affiche du festival AFRICOLOR qui représente un Tambourinaire du Burundi, image d'Épinal et d'émotions pour égayer la grisaille parisienne lorsque l'on est comme moi un natif du Burundi exilé et en mal de pays à chaque seconde qui s'écroule!

Mais que dire alors de l'affiche du festival AFRICOLOR hier soir à la salle JACQUES BREL à Villepinte. Il y avait 2 groupes d'exceptions: Ze Jam Afane et Vincent Courtois, puis le groupe Tumi & The Volume.



Concernant Ze Jam, nous l'avons rencontré il y a tout juste un an lors d'une journée débats-concerts organisée au Divan du Monde par Apkass et Survie autour des assassinats politiques de LUMUMBA et SANKARA.

Depuis il a poursuivi son travail et sorti un album que je vous recommande "L'homme Avion" avec un texte d'une rare qualité, intitulé: "L'arbre Lumumba".

Plus d'infos sur: http://lhistgeobox.blogspot.com/2008/06/52-vincent-courtois-et-ze-jam-afane.html




Quand à TUMI & THE VOLUME ils ont fait le voyage depuis Johannesbourg juste pour ce concert, leur dernière date 2009 en France, et ils repartaient le lendemain. Dans une salle à moitié pleine (eh oui le talent n'attire pas forcément les foules!!) Tumi nous a fait son 16 rimes de "RISE UP" comme cadeau, et Sugar n'étant malheureusement pas là, c'est moi seul qui fut invité à partager le dernier morceau sur scène lors du rappel final!


Mardi 24 Novembre 2008!!!

C'était le Mardi 24 Novembre 2008!!

MILK COFFEE & SUGAR vient de signer en digitale sur le label BELIEVE! Et nous voilà disponible sur toutes les plateformes digitales pour un EP 5 titres, en d'autres termes vous pourrez dorénavant acheter 5 morceaux inédits du groupe sur Itunes, Amazon...etc... où que vous soyez sur la planète en vous connectant sur Internet!!



C'était le Mardi 24 Novembre 2008 à la Boule Noire!


Nous avons voulu marquer le coup pour la sortie de notre 5 titres en organisant un grand concert!

Après 3 semaines de promo intensive (sans flyer!) nous avons eu la chance de jouer devant une salle comble de plus de 320 personnes venues écouter le café au lait sucré accompagné pour l'occasion par le groupe de jazz ELECTRO DELUXE (http://www.myspace.com/electrodeluxe): avec Jeremie COKE à la basse (http://www.myspace.com/jeremiecoke), Arnaud RENAVILLE à la batterie, Gaël CADOUX au clavier (http://www.myspace.com/gaelcadoux), Thomas FAURE au saxophone (http://www.myspace.com/thomluxe) et Guillaume PONCELET au clavier et à la trompette (www.myspace.com/guillaumeponcelet)

Le pari était assez fou car nous n'avons eu que 2 répétitions avec le groupe une semaine avant le concert pour apprendre un répertoire de 15 morceaux. Hormis quelques problèmes de balance des voix, le concert fut un grand succès pour nous autant que pour les musiciens et le public. Beat Assailant nous a fait l'honneur de sa présence pour partager le morceau "Premières fois". Sur scène nous étions épaulés par les chœurs de Jali et Cléo, deux artistes de grands talents qui ont su mettre le feu lors de la première partie du show!(JALI:http://www.myspace.com/jalismusic /Cléo:http://www.myspace.com/sistacleo).

Merci également à Sophie Ducasse, pour sa participation sur le morceau "ELLE(s)".

De nombreuses photos et une vidéo du concert étant en montage actuellement, nous referons un article pour parler de ce concert!!

Voici aussi quelques liens sur des articles de presse annonçant ou rendant compte du concert:

Avant le concert:
http://www.melty.fr/milk-coffee-sugar-vous-invite-a-leur-con-actu26218.html
http://www.chartsinfrance.net/actualite/news-68984.html

Après le concert:
http://www.sistoeurs.net/spip.php?article574


















Crédit photos: Piotr Koldys





Crédits Photos: Laurent Bonhomme

06 novembre 2009

Concert de MILK COFFEE & SUGAR à la Boule Noire!!!! Réservez vos places!!!



Grande nouvelle!! A l'occasion de la sortie digitale d'un 5 titres le 24 novembre 2009 sur toutes les plateformes légales de téléchargement (Itunes, Virgin...) nous organisons un grand concert à la Boule Noire avec de nombreux invités surprises et les musiciens de Electro Deluxe en accompagnement!

Réservez vite vos places sur ticketnet.fr !!!





www.myspace.com/milkcoffeesugar

28 octobre 2009

Soutien au 76 rue Gabriel Péri, 93200 St Denis

Au numéro 76 de la rue, il y a un pâté de maisons en ruine, bardé d’écriteaux pour la régularisation de travailleurs sans papiers ; un lieu habité depuis plus de dix ans par des familles qui, en majorité, fuyaient la guerre en Côte d’Ivoire.

Rue Gabriel Péri, à Saint-Denis ( Île-de-France), on peut voir de nombreux commerces et des habitations populaires au bord d’une chaussée où les passants circulent comme sur une voie piétonne, sans vraiment prêter attention à ce combat qui se mène tout prêt ; un combat contre l’insalubrité, le saturnisme dans des habitations indécentes, aux murs fissurés, aux planchers affaissés, aux installations électriques incendiaires.

Jusque-là, neuf familles avaient été relogées par la préfecture, quant aux autres, elles devaient se contenter d’attendre, mais plutôt que de patienter dans la passivité à guetter un miracle des administrations, les résidents du 76 Gabriel Péri se sont constitués en collectif pour faire valoir leur droit au relogement http://www.76peri.wordpress.com/, après huit à dix ans de présence sur le sol français et autant de temps à braver des jobs clandestins.

Cognant à toutes les portes, le collectif 76 interpelle médias et politiques pour que la condition de ses familles soit mise au premier plan de l’actualité dionysienne.

Première victoire : le 3 décembre 2008, Tiken Jah Fakoly http://www.tikenjah.net/, la star africaine du reggae exilée entre Mali et France, vient publiquement soutenir la quarantaine de familles demandant des logements dignes. Deuxième victoire : le 21 janvier de cette année avec une manifestation devant la mairie de Saint-Denis. Troisième victoire : le 23 janvier, Didier Paillard, le Maire de Saint-Denis se rend au 76. Quatrième victoire : le 6 mars, Nacer Meddah, le préfet de Seine-Saint-Denis, reçoit des membres du collectif et promet de traiter cette affaire en priorité.

Néanmoins, à part quelques travaux consentis au moi de mai pour désembourber les demeures en déliquescence des peintures de plomb toxiques, rien n’est vraiment fait. La mobilisation prend alors une autre ampleur et pour être pris au sérieux, le 7 octobre, onze membres du collectif 76 entrent en « grève de la faim pour que l’État respecte ses engagements ».


Le 18 octobre, sous la houlette d’Alain Bertho auteur de Le temps des émeutes, et professeur d’anthropologie à l’université Paris 8, www.mediapart.fr/club/blog/alain-bertho, de Corinne Angelini, et de bien d'autres membre du comité de soutien du 76, s’organise un concert de soutien dans la salle Ligne 13 au 12, place de la Résistance à Saint-Denis, avec Zora www.myspace.com/zoramusic, Rost www.myspace.com/rostofficiel, La compagnie jolie môme http://www.cie-joliemome.org/, Layonne www.myspace.com/layone7 et Chant d’encre http://www.myspace.chantdencre/.

Picaflore scande sa Lettre à la France, tandis que le sucre lit le texte Nous autres* du slammeur Luigi:

*NOUS AUTRES

Nous autres

Nés de la cendre

Enfantés dans la fiente

Traités chaque jour de la sorte

Nous autres

Plantés de force au sein d'une terre avortée

Qui nous a appris à bomber le torse

Nous autres

Écrasés consciemment

Le béton qui nous entoure pourri et nous ronge patiemment

Parce qu'on s'en nourrit

Nous autres

Abrutis par nos clichés

Envoyés paître

Jouant sur le paraître donc condamnés à tricher

Nous autres

Déballant nos opinions

Attablés tels des ogres face à des grecs sans oignons

Savourant sa graisse

Sirotant nos sodas

On vocifère sur nos pertes, les mots dits, les peines et les mandats

Donc venez nous rejoindre si vous voulez mourir

Car, hormis nos peurs, nul n'est venu rallier nos rires

On se frappe pour notre bien

On se hait et c'est pour ça qu'on s'associe

De toute façon on ne se doit rien

Or on s'aime aussi sûr qu'on se déprécie

On est cloués au sol et on s'en tape de toucher les cieux

Nous autres

Ce sont nos semblables qui nous insultent le mieux

Où qu'on aille c'est le désordre

Parce qu'on crie comme des chiens et qu'on aboie tels des hommes

Les vrais savent qu'il n'y a que des faux

Tous foutus en cage, enfermés tels des fauves

Abreuvés de rage par les pies d'une vie bâtarde

Nous autres

Nous connaissons quatre sages

C'est "fermes ta gueule", "n'écoutes rien", "baisses tes yeux" et "tiens ta garde"

On ne peut se fier au chant des sirènes

Elles simulent notre lâcheté

Nous fait ramper

Nous autres

Explosés sur leurs remparts

Condamnés à faire chier le système jusqu'à ce qu'il daigne nous achever

Et, quand on demande que la mort soit sans douleur,

Nous n'implorons que l'amour car lui seul peut nous en vouloir

"Allons enfants des apatrides

Le jour de choir est arrivé"

Voila ce qu'on nous suggère et on nous taxe de racistes

Donc, si Dieu existe, on peut dire qu'il exagère

La société nous fait payer la prose

Re-mates toi la séquence

On a tellement bouffé ses causes qu'on en est devenu la conséquence

Car, nous autres, on nous vomit

On nous avale pour mieux nous recracher

Nous autres

On vit la nuit

En deuil d'un sommeil qu'on nous a arraché

On se pose tant de questions que nos larmes deviennent des cernes

Alors qu'il n'y a qu'une seule réponse

Je suis peut-être pas intégré mais je suis français et je t'emmerde

Ne t'amuses pas à nous comparer

On n’a rien en commun

Parce qu'on est pire que des monstres

Nous autres

On est des êtres humains

On a tellement bouffé le trottoir que même nos cœurs sont décharnés

Regardes bien

Nos villes ne sont plus des dortoirs mais des charniers

Nous autres

Il n'y a que ta connerie qui nous embrasse

Donc comprends que l'on s'embrase lorsque tu nous appelles : "vous autres".




La bonne humeur embaume le concert qui se déroule dans une atmosphère de fête, car la veille, régularisations et relogements ont été verbalement accordées, levant ainsi le jeûne des grévistes, et menant à la plus grande des victoires : le droit d’exister.








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